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Dans le but de rassembler tous les blogs mettant en ligne des histoires originales, j'ai créé une nouvelle communauté intitulé "Vos histoire en ligne", que je vous invite à rejoindre si vous aussi vous publiez vos nouvelles, poèmes, ou romans sur votre blog.

Vos histoire en ligne

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La Rose et la Plume...

D'un simple geste les mots s'échappent de ma plume. Sans prétention mais non sans ambition, je les dépose tels des pétales de rose avec l'espoir qu'ils prennent sens.
A vos yeux et vos critiques je les soumets, pour que s'exprime leur véritable essence.

Mardi 28 octobre 2008
Voilà le chapitre 3 de mon roman. Chapitre plus long que les deux précédents. Et oui, on commence à entrer dans l'action et dans les dialogues ! Vous allez découvrir de nouveaux personnages et quelques informations supplémentaires sur l'histoires.

Chapitre 3

                Retour au présent

Assise sur son matelas de fortune, la jeune femme était pensive. Elle était dans la cale d’un navire. Prisonnière. Captive d’une coque de bois, ou peut être de fer, qu’en savait-elle ? Sa seule certitude était qu’elle se trouvait bel et bien enfermée sur ce bateau, en route pour une destination inconnue. Un bateau ! Pourquoi a-t-il fallu que je sois prisonnière sur un bateau. Et en plus il n’est même pas à quai. Quelle chance y-a-t-il pour que quelqu’un me trouve ici ? Plus elle y pensait, plus elle désespérait. Elle avait réussi à garder son calme après cette terrible découverte, mais un sentiment d’inquiétude, d’angoisse restait accrochait en elle, comme une flie à son rocher. Toujours le même ventre noué. Toujours le même vide dans son esprit. Toujours les mêmes idées noires, même si à présent le scénario de la noyade y était apparu. Chaque heure passant, ses chances de survit s’amenuisaient un peu plus. Bientôt… elles disparaîtraient… définitivement et elle le savait.

Grâce aux quelques rayons de lumières qui s’infiltraient maintenant à travers le trou laissé par la planche en bois, elle avait pu constater la présence d’une grande porte en fer. Sa première idée avait bien sur été de l’ouvrir, mais cela c’était révélé impossible ; verrouillée de l’extérieur, elle ne possédait aucune poignée intérieure. Cette pièce était une vrai prison. Même si la jeune femme arrachait toutes les lattes recouvrant le hublot, celui-ci resterait trop petit pour qu’elle puisse s’y faufiler. De tout manière m’y faufiler pour aller où ? Il faudrait déjà que le bateau accoste pour que j’ai la moindre chance de m’échapper sans me noyer. Pour le moment son seul espoir était que quelqu’un vienne la secourir.

Soudain, elle prit conscience d’un fait qu’elle avait complètement occulté : le bateau naviguait et il ne pouvait pas le faire seul. Alors qui était à bord ? Savaient-il seulement qu’elle était là ? Etait-ce eux qui l’avait enfermée ici ? Elle n’en savait rien. Elle essayait de se souvenir tant bien que mal comment elle avait atterri ici. Mais rien. Son esprit était embrumé, dans le noir. Ses souvenirs ne semblaient remonter qu’à son réveil dans cette pièce froide et lugubre. Elle plaqua ses mains contre ses tempes et ferma les yeux. Elle se concentra, occulta les derniers évènements, rassembla toutes ses forces, chercha au plus profond de sa conscience…toujours rien. Le noir, la nuit, les ténèbres, le néant. Aucun mot ne semblait assez puissant pour représenter le vide de son esprit.

Elle poussa un cri de rage et se leva brusquement. Il n’y avait plus de temps à perdre :si quelqu’un était sur ce bateau, alors elle devait lui faire savoir qu’elle aussi était là. Elle se dirigea rapidement vers la porte, et commença à tambouriner violemment dessus. « Oh-eh Y-a quelqu’un ? Sortez moi de là ! » cria-t-elle  « Je sais que vous êtes là, alors si vous m’entendez, venez m’ouvrir ! ». Elle cognait de toutes ses forces contre le rempart de fer qui se dressait devant elle. Elle y donnait des coups de pieds, criait à tu tête.  Rien n’y faisait. Plusieurs minutes s’écoulèrent sans que personne ne vienne. Découragée, la jeune femme s’arrêta, ses deux mains toujours plaquées sur l’objet de sa colère. Elle soupira, posa son front contre le métal glacé de la porte et ferma les yeux. Une boule se forma dans sa gorge. Depuis son réveil dans cette prison, elle n’avait encore jamais eu autant l’impression d’avoir touché le fond. Elle sentait les larmes lui montaient aux yeux, mais elle ne voulait pas pleurer. Elle ne voulait pas s’avouer vaincu. Si elle craquait maintenant, s’en était définitivement fini. Mais qu’est ce que je vais faire ? Pourquoi personne ne vient ? Ils ne vont pas me dire qu’ils n’ont rien entendu ? … Bon sang. Elle frappa rageusement la porte et le regretta aussitôt lorsqu’elle sentit une vive douleur se propager jusqu’à son coude. Ses pauvres mains souffraient le martyre. Sa chair, déjà meurtrie par les planches de bois, subissait à présent la dureté du fer. Une larme roula le long de sa joue. Une larme d’inquiétude, de peur, d’angoisse, ou une larme de douleur, de souffrance…elle l’ignorait.

Désespérée, perdue, épuisée, la jeune femme se retourna et se laissa glisser le long de la porte. Les jambes recroquevillées contre elle, elle croisa ses bras sur ses genoux et y posa sa tête. Elle n’en pouvait plus. Combien de temps encore son calvaire allait-il durer ? Les premiers rayons de soleil commençaient déjà à percer. Bientôt une nouvelle journée débuterait. Ma première journée de captivité. Ca se fête…Pourquoi suis-je là ? Qu’ai-je fait pour mériter ça ? Comment suis-je…

Tout à coup le bateau se mit à trembler. Un grand bruit retentit. La jeune femme redressa vivement la tête, soudain attentive aux moindres sons ou mouvements inhabituels. Un sourd vrombissement faisait vibre la cale du navire. Curieuse, la prisonnière se propulsa sur ses pieds et se dirigea vers le hublot. Elle vit avec stupeur que le quai n’était plus qu’à quelques mètres. Le bateau allait accoster. Petit à petit, il ralentissait et elle regardait avec délectation la terre ferme se rapprocher. Sa boule d’angoisse se transforma en une chaleur intense qui l’envahi. Ses yeux brillaient d’espoir. A présent, elle avait une nouvelle chance. Si elle parvenait à casser la vitre, elle arriverait peut être à attirer l’attention d’un passant.

Le moteur s’arrêta. Le bateau s’immobilisa. La jeune femme pouvait apercevoir à travers la vitre le mur de pierre du quai. Evidemment, je suis dans la cale, je suis trop bas pour voir correctement la rue. Il faudra s’en contenter. Pour que mon plan soit efficace, il faut d’abord que je brise le hublot. Mais avec quoi ? Elle parcouru des yeux la pièce. Il lui fallait quelque chose d’assez dur et résistant. Son regard se posa sur la planche de bois. Je peux toujours essayer ça.

Alors qu’elle se saisissait de la latte, des bruits de pas résonnèrent. Elle se tourna vivement vers la porte, et tendit l’oreille. Aucun doute : ils se rapprochaient. Prise de panique, elle chercha autour d’elle n’importe quel recoin pour se cacher. Ses mains étaient moites. Son cœur battait de plus en plus vite. Puis réalisant qu’elle tenait une potentielle arme de défense, elle couru se positionner à côté de la porte. Elle se colla contre le mur et leva la planche prête à frapper si nécessaire.

A peine quelques secondes s’étaient écoulées, que le bruit distinctif d’un verrou qui saute se fit entendre. La porte s’ouvrit.

Caché derrière celle-ci, la jeune femme fixait l’ombre qui s’était dessinée sur le sol. Elle était grande et robuste, laissant deviner la présence d’un homme dans l’encadrement de fer. Allez… qui que tu sois, avance un peu que je puisse te voir. La jeune femme tentait tant bien que mal de calmer sa respiration chaotique.  Ses mains tremblaient. Elle resserra la pression autour de la planche pour se donner de l’assurance.

Son souhait s’exauça. L’homme fit quelques pas et apparu devant elle, le dos tourné. Tenant fermement son arme, elle l’abattit contre lui… Rien. Il n’y eu aucun impact. Elle avait manqué sa cible. Sans qu’elle ne sache comment, l’homme avait réussi à esquiver le coup et se trouvait maintenant face à elle. Son regard accroché au sien, il souriait.

- Alexandra, ma chérie… tu me déçois beaucoup. Vouloir me frapper, moi, le seul homme qui ne t’ai jamais aidé ? C’est vraiment dommage que tu ne rendes pas compte de la chance que tu as de me connaître.

Tout en parlant, l’homme s’approchait dangereusement de la jeune femme.

- Tu sais, j’aurais très bien pu choisir quelqu’un d’autre à l’époque. Mais non, c’était toi que je voulais, toi et toi seul. Tu devrais m’en remercier.

La peur s’infiltrait en elle. De quoi parlait-il ? Comment la connaissait-il ? Des millions de questions se bousculaient dans sa tête. L’incompréhension la consumait peu à peu. Malgré ses efforts, tout dans son esprit était confus. Les yeux écarquillés, elle fixait intensément l’individu.

- Eh bien, tu es devenue muette. Tu étais loin de l’être hier quand tu es arrivée. J’ai même été obligé de te bâillonner quelques temps. Ce petit séjour dans la cale t’aurait-il appris à tenir ta langue ?

N’obtenant toujours aucune réponse, l’homme tendit sa main vers la joue de la jeune femme et l’effleura du bout des doigts. Sortie de sa torpeur, elle gifla violemment son bras se dégageant immédiatement de sa caresse.

- Tu n’as tout de même pas perdu toute ta fougue à ce que je vois.

 Son sourire s’agrandit contrastant avec le trouble de son regard. Il en émanait une noirceur, une perfidie qu’elle n’avait encore jamais vu chez aucun homme. Ses yeux verts, presque jaunes, se détachaient parfaitement de son visage assombri par une légère barbe.

Il se recula d’un pas.

- Sors de là. Il est l’heure d’aller faire un tour, aboya-t-il tout en lui indiquant la sortie d’un léger mouvement de tête.

Alexandra ne se fit pas prier. En quelques pas à peine, elle se retrouva hors de sa prison. Elle entendit derrière elle, la voix de l’homme s’élever :

- A droite. Et n’essaie pas de t’enfuir cela ne te mènerait à rien si ce n’est prolonger ton séjour sur ce bateau.

Docilement, elle longea le couloir et monta les escaliers qui menaient au pont supérieur. Le jour s’était levé. Le soleil brillait. Submergée, aveuglée par tant de lumière, Alexandra porta sa main devant ses yeux pour les protéger. Surprise par la nouvelle clarté, elle s’était arrêtée en haut des marches. L’homme arriva derrière et la poussa brusquement. Le buste penché vers l’avant, elle chercha une prise pour se rattraper. Ses doigts effleurèrent une rambarde, sans réussir à la saisir. Elle partie en avant et s’étala de tout son long. Aussitôt des rires éclatèrent autour d’elle. Elle releva légèrement la tête et aperçu deux nouveaux individus. Ils se tenaient à quelques pas devant elle, les bras croisés. Elle leur jeta un regard noir et plaqua rageusement ses paumes contre le sol pour se relever. Machinalement, elle frotta son pantalon pour en enlever la poussière. Toujours sans dire un mot, elle reprit sa marche la tête haute. Soudain son bras fut saisi par une poigne de fer. Elle se retourna vers son agresseur et tenta de s’extirper de son emprise. En vain. Plus elle se débattait, plus il resserrait la pression. Il la maintenait tellement fort qu’elle était persuadée que son sang n’atteignait plus le bout de ses doigts.

- Alors ? On ne tient plus sur ses jambes ?

De nouveau les trois hommes s’esclaffèrent. Alexandra ne pipa mot. Ses yeux brillaient de rage. Pourquoi ne me laissent-ils pas tranquille ? Qu’est ce qu’’ils veulent ? Qu’est ce qu’ils attendent de moi ? Une première réponse ne tarda pas à venir.

- J’espère que tu n’as pas oublié notre marché d’hier soir. Vergen l’attend avec impatience, alors ne n’essaie pas de nous doubler.

Ses yeux, rivés sur sa prisonnière, transmettaient à eux seuls la menace sous jacente à son propos. Après quelques secondes de silence, il lâcha son bras.

- Tu peux partir, déclara-t-il en lui indiquant la passerelle qui descendait sur le quai. Mais n’oublie pas notre accord.

Il approcha son visage à quelques centimètres de celui d’Alexandra et lui lança d’un air menaçant :

- Ou je me ferais un plaisir de te retrouver moi-même.

Alexandra le fixait de ses grands yeux verts. Elle ne comprenait rien à ce qu’il se passait. Elle se sentait comme une intruse dans un univers qui n’était pas le sien. Elle était perdue, submergée par des paroles dont elles ne saisissaient pas le sens, envahie de questions et de doutes.

- Tu veux qu’on t’accompagne jusque sur le quai peut être ?

Sa voix résonna dans sa tête. Elle réalisa alors l’opportunité qui lui était offerte. Il la laissait partir. Elle ignorait pourquoi. Pourquoi après l’avoir enfermée durant toute la nuit dans la cale du bateau, il décidait tout à coup qu’il était temps qu’elle s’en aille. Et quel était cet accord dont il parlait ? D’autant qu’elle s’en souvienne, elle ne connaissait aucun Vergen.

Mais le temps de trouver des réponses n’était pas encore venu. Cette chance ne se représenterait peut être pas de si tôt, elle devait s’en emparer au plus vite. Elle recula en direction de la passerelle sans quitter des yeux les trois hommes. Arrivée à destination, elle fit demi-tour et la dévala à toute vitesse. Sans se soucier du chemin qu’elle prenait, elle couru à perdre haleine. Elle traversa la route et s’engouffra dans une rue de la ville, disparaissant à l’ombre des maisons.

 

Assis dans son grand fauteuil en cuire, installé dans la cabine supérieur de son bateau, Vergen observait l’écran de contrôle. Il avait fait installé un peu partout dans son repère des caméras de surveillance - au cas où un intrus tenterait de monter à bord – dont une sur le pont. Grâce à cela, il avait pu épier les moindres faits et geste de sa prisonnière. Elle venait tout juste de quitter le navire, après avoir écouté religieusement les dernières recommandations de ses hommes. Bientôt, tout sera fini. Dés qu’Alexandra m’aura apporté les derniers éléments nécessaires à mon plan, je pourrai faire route vers les Caraïbes. La CIA et les services secrets français pourront toujours continuer à me poursuivre, ils ne me retrouveront jamais. Ils ont choisi le mauvais agent pour cette mission. En même temps, on ne peut leur en tenir rigueur, ils ignoraient tout des liens étroits qui s’étaient établis entre nous il y a de cela quelques années. Des liens de sang et de cœur oserai-je dire. Elle-même n’en avait pas connaissance. Alors… quelle  chance, eux,  avaient-ils ? Perdu dans ses obscures pensées, Vergen se retourna brusquement lorsqu’il entendit la porte s’ouvrir.

- Mr Vergen ? La jeune femme vient de quitter le bateau. Que devons-nous faire ? demanda l’homme qui venait d’entrer.

Le trafiquant d’arme prit un instant de réflexion.

- Suivez-la. Je veux être sur qu’elle ne retourne pas voir Paul Evan avant de m’avoir rapporté ce que j’ai demandé. 

L’homme s’apprêtait à partir lorsque Vergen ajouta :

- Soyez discret. Je préfèrerai qu’elle ne vous repère pas dés le début…puisque de toute manière il finira bien par vous voir.

Il se leva et se posta face à son interlocuteur. Le regard pénétrant comme pour appuyer ses paroles, il continua :

- Je la connais elle est douée, très douée.

A suivre....

J'attend vos commentaires.

Par Marion - Publié dans : Mon Roman "Alexandra" - Communauté : Le monde du polar
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Dimanche 12 octobre 2008

Voici le chaptitre 2 de mon roman qui je l'espère vous laissera de nouveau plein d'interrogation quand à la suite de l'aventure !

Chapitre 2

                Quelques heures plus tôt...

Depuis un mois qu'il était arrivé en France, Michael Connors n'avait jamais été aussi près du but.

Agent de la CIA depuis maintenant 3 ans, il s'était vu attribuer cette mission grâce à sa connaissance aiguisée de la langue française qui lui permettait d'infiltrer le milieu sans difficulté et surtout sans se faire repérer. Il est vrai qu'après y avoir vécu 5 ans avec ses parents, le pays n'avait plus de secret pour lui.

C'est ainsi qu'il avait été nommé agent de liaison dans le cadre d'une coopération entre son agence et les services secrets français. Coopération qui n'en avait que le nom puisque d'un côté comme de l'autre les informations étaient dûment filtrées. Pour les deux organisations, il s'agissait avant tout de garder l'avantage. Michael avait rapidement compris qu'il était dans l'intérêt de l'enquête qu'il travailla seul. La guerre perpétuelle à laquelle se livraient les deux agences, n'aidait en rien l'avancement de l'affaire. S'il les avait écoutés, Michael aurait du faire un rapport à l'un comme l'autre des services secrets à chaque nouvel élément qu'il perçait à jour. Rien de plus efficace pour faire stagner l'investigation.

Après des jours passés à récolter des informations sur un trafiquant d'armes, l'Agent Connors avait enfin découvert une piste sérieuse concernant sa possible localisation. François Vergen était loin d'être un homme facile à trouver. Personne ne connaissait son visage. Certains le disaient grand, avec d'épais cheveux noirs, d'autres, blond et de petite stature. D'autres encore racontaient qu'il avait une longue cicatrice derrière son oreille gauche; cicatrice souvenir d'une vente qui ne s'était pas déroulée comme prévu. Personne ne le décrivait de la même manière. Lors des ventes, il ne venait jamais en personne. Ces hommes de mains se chargeaient de toutes les transactions et de tous les contacts. Pourtant la rumeur courrait dans le milieu, qu'il n'était jamais bien loin, observant chaque fait et gestes de ses collaborateurs et clients comme un père veille sur sa progéniture.

Tel un fantôme, il traversait un à un les remparts érigés par les services secrets pour l'arrêter. Personne jusqu'à maintenant n'était parvenu à obtenir une piste sérieuse sur sa localisation. Du moins jusqu'à aujourd'hui.

Michael avait contacté plusieurs de ses connaissances, passé des nuits entières en planque près de lieux que Vergen fréquentait régulièrement. Il l'avait traqué sans relâche pour finalement, de fil en aiguille, l'atteindre en plein cœur. Il l'avait démasqué; il avait découvert son repaire, sa cache, son antre secrète...

Amarré au quai de la Seine, L'Adélaïde tanguait fièrement de gauche à droite au rythme de l'eau. Ce bateau était la faiblesse de Vergen, et de ce fait une erreur. En fouillant dans le passé du trafiquant, Michael avait finalement mis à jour l'acte de décès de son épouse, Adélaïde Vergen. Il devait bien avouer que le trafiquant qu'il était avait fait un travail remarquable pour dissimuler cette partie de sa vie. A l'exception de ce bout de papier, perdu au milieu de millier d'autres sans intérêt, il n'y avait aucun trace d'un dénommé Vergen parmi les citoyens français. Une fois ce document découvert, il n'avait fallu que peu de temps à l'Agent Connors pour faire le rapprochement avec la passion pour les bateaux que tous connaissaient au trafiquant d'arme.

C'est ainsi que Michael avait atterri sur les rives parisiennes à l'emplacement exacte où était accosté l'antre secrète de Vergen. A son arrivé, l'embarcation était déserte. D'opaques rideaux couleur carmin masquaient l'intérieur de la cabine principale. Aucun son ne s'en échappait. Le seul bruit audible aux alentours était le clapotis des vagues sur la coque du navire.

Les heures s'étaient écoulées, laissant le soleil s'effacer petit à petit. Michael s'était baladé le long du quai, inlassablement. Il avait observé, décortiqué le bateau sous tous les angles sans déceler le moindre indice, sans voir personne. Découragé, il avait fini par s'asseoir sur un banc proche de l'embarcation. La tête basculée en arrière, les yeux fermés, il s'était, malgré lui, laissé emporter par le sommeil.

 

Un grincement métallique retentit. Michael se réveilla en sursaut. Par réflex, il porta sa main à sa ceinture, effleurant du bout des doigts son arme de service, prêt à dégainer si nécessaire. D'un rapide coup d'œil, il analysa la situation. Le bruit émanait du navire. La porte de la cabine principale venait de s'ouvrir. Deux hommes en sortirent. Ils avancèrent de quelques pas et se positionnèrent à l'avant du ponton. Aucun d'eux ne ressemblaient de près ou de loin à Vergen ; ou du moins à l'une des descriptions que l'on faisait de lui. Mais d'où sortent-ils ces deux là ? Il n'y avait personne, pas un bruit, même pas une ombre. Je suis passé des dizaines de fois devant ce bateau, je les aurais vu s'ils avaient été là...ou pas...La réalisation le frappa. Tu t'es endormi crétin ! Passé l'effet de surprise, l'Agent Connors se déplaça furtivement derrière un tronc d'arbre, et attendit la suite des évènements.

Plusieurs minutes s'écoulèrent sans que rien ne se passe. Les deux hommes, le regard porté vers l'horizon, se tenaient immobile face au quai comme s'ils attendaient quelque chose...ou quelqu'un.

Un silence de mort régnait sur les rives de la Seine, lorsqu'un cri le transperça. Aussitôt, les occupants de l'embarcation changèrent d'attitude. L'un d'eux avança d'un pas et se plaça devant l'autre. La main sous sa veste, il attrapa son revolver et le pointa droit devant lui, le doigt sur la gâchette. L'autre au contraire recula d'un pas. Sa tête pivota plusieurs fois de droite à gauche, comme s'il s'attendait à voir quelque chose surgir de nul part. Puis il s'arrêta net. Un léger sourire s'étira sur son visage, le regard rivé au loin. Il tapota l'épaule de celui qui semblait être son garde du corps et aussitôt ce dernier baissa son arme. Intrigué, Michael suivit le regard de l'homme... Une femme. De l'autre côté de la rue qui longeait les bords de la Seine, se tenait une femme. Sûrement sa maîtresse vu le sourire mutin plaqué sur son visage. Elle traversa d'un pas pressé la rue et se retrouva en quelques secondes face à la rampe d'accès du bateau. Un nouveau cri retentit, probablement émit par la jeune femme. Beaucoup plus proche et distinct, Michael était persuadé d'y avoir perçu le nom de «  Marcan ». Oh une maîtresse en colère, c'est mauvais pour lui ça. Elle grimpa sur le bateau et se dirigea vers les deux hommes. Cette fois-ci leurs positions s'inversèrent. L'homme armé resta en arrière, tandis que l'autre s'avança vers la nouvelle arrivante. Toujours souriant, il lui tendit la main. Elle la regarda mais ne daigna pas faire de même. Tout compte fait, ce n'est peut être pas sa maîtresse. C'est peut être tout simplement sa femme. Les yeux rivés sur l'homme qui se dressait devant elle, elle fit quelques pas jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres de lui. Leur différence de taille obligeant, la jeune femme leva légèrement la tête et lui jeta un regard noir. Michael vit ses lèvres bouger, mais il se trouvait à une trop grande distance pour espérer discerner le moindre mot. Néanmoins, l'expression de colère qui déformait son visage lui laissait à penser que ses paroles étaient loin d'être des plus aimables.

Lorsqu'elle eu fini de parler, l'homme ne répondit rien. Son sourire s'élargie un peu plus. Il releva légèrement la tête et porta son regard au delà de la jeune femme. Celle-ci, soudainement inquiète, se retourna brusquement. Michael suivit le mouvement et aperçu aussitôt deux autres hommes se diriger vers eux. Arrivé à hauteur du groupe, ils empoignèrent la jeune femme chacun par un bras. Celle-ci commença aussitôt à se débattre. Réagissant au quart de tour, le garde du corps, jusqu'à présent resté en arrière, plaqua son revolver sur le front de la prisonnière qui cessa immédiatement de bouger. Michael fit un bond, prêt à intervenir. Il ne pouvait pas la laisser entre leurs mains. Il devait faire quelque chose. Mais quoi ?

Arborant toujours le même sourire éclatant, l'homme approcha à son tour son visage du sien. Les lèvres légèrement entrouverte, il prononça à son tour quelques mots puis reprit sa position initiale, laissant sur le visage de la jeune femme une expression d'effroi. D'un geste de la main, il indiqua aux trois hommes de l'emmener. La captive fut traînée jusqu'à l'arrière du ponton et disparue, toujours fermement maintenue par les trois gorilles, dans les abymes du navire.

 

Michael n'avait pas quitté une seconde la scène des yeux. Il savait qu'il devait agir et vite. Mais la situation présente ne laissait place à aucune solution : ils étaient quatre, dont trois d'entre eux armé d'après ce qu'il avait pu voir ; lui était seul et n'avait qu'une arme ; intervenir les aurait conduit tout droit à leur perte aussi bien elle que lui. Il était complètement impuissant face à une telle situation. Tout action aurait été vaine, il ne le savait que trop bien. Mais pourquoi a-t-il fallu qu'elle pose les pieds sur ce bateau ? Je vais devoir la sortir de là maintenant !... Ah les femmes... Toujours là quand il ne faut pas. Michael ignorait qui elle était, mais déjà la maudissait. Les poings serrés, il bouillait de rage. A présent le temps était compté. Il ne pouvait plus rester en simple observateur à recueillir des informations, des preuves de la culpabilité de Vergen. Il devait agir. Il devait monter à bord et la secourir avant qu'elle ne disparaisse pour de bon. Mais comment ? Quel espoir avait-il de la sortir de ce pétrin indemne ? D'ici que la CIA et les services secrets lui envoient du renfort, elle avait toutes les chances de s'être volatilisée définitivement.

Il ne devait plus perdre un instant. Michael sortit de sa cachette et partit en direction de sa voiture, garée quelques mètres plus loin. Il n'avait fait que quelques pas lorsqu'un vrombissement de moteur le stoppa. Il se retourna aussi sec et vit avec horreur le bateau larguer les amarres. Michael rebroussa chemin, mais il était trop tard. Il ne pouvait rien faire pour l'arrêter, et sauter à bord serait de la pure folie. Sauter à bord pour faire quoi de toute manière ? J'aurais à peine eu le temps d'atterrir que je me ferais déjà massacrer par les trois messieurs muscles.

 Fou de rage Michael regarda le navire s'éloigner. Il tapa violemment son pied contre le sol et cria, libérant toute sa colère. Il aurait du le prévoir. Il aurait du savoir que le bateau ne resterait pas longtemps à quai. Michael tu n'es qu'un imbécile, un crétin. On ne peut vraiment pas compter sur toi !

Finalement, il se calma. Un profond soupir s'échappa de ses lèvres entrouvertes. Qu'allait-il faire à présent ? Que devait-il faire ? Quelle chance lui restait-il de la retrouver maintenant ? Rien ne lui garantissait qu'elle soit toujours sur le bateau lorsque celui-ci reviendrait au port. Si seulement elle avait été enfermée dans une voiture, j'aurais pu la suivre. Mais non, il a fallu qu'elle choisisse un bateau ! Elle ne savait pas que c'était d'autant plus dangereux d'embarquer sur celui d'un homme comme Vergen ! ...Quoiqu'il ne semblait pas être l'homme qu'elle cherchait. Je ne sais pas qui est ce Marcan, mais sûrement personne de très fréquentable vu les derniers évènements.

Il passa une main dans son épaisse chevelure noire et repartit, dépité, en direction de sa voiture.

Par Marion - Publié dans : Mon Roman "Alexandra" - Communauté : Littérature policière
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Jeudi 9 octobre 2008

Et voici une nouvelle chanson...


Mon ange

J'ai peur

Seule sur mon rocher
Les yeux rivés sur l'océan

Peur du vide,

J'observe les vagues du temps
Disparaître dans un dernier éclat

Peur de l'inconnu

Jusqu'à ne plus être qu'une perle d'écume
Jetée dans l'oublie

J‘ai peur de faire le grand saut
De découvrir la vie

Tel un ange
Tu m'as enveloppé de toute ton âme
Ta main tendue, je l'ai saisie
Et tu m'as sauvée

Tu m'as montré le chemin
Entremêlé au tient
Et si je trébuche
Je sais que tu seras là
Pour adoucir ma chute

J'ai envie

Je voulais sentir l'eau
Glisser sur ma peau

Envie de vivre

Avant que le soleil ne se couche
Pour la dernière fois

Envie de toi

Le vent s'est levé
Portant ta voix jusqu'à moi

Le cœur léger, j'ai plongé
A tes côtés

Tel un ange
Tu m'as enveloppé de toute ton âme
Ta main tendue, je l'ai saisie
Et tu m'as sauvée

Tu m'as montré le chemin
Entremêlé au tient
Et si je trébuche
Je sais que tu seras là
Pour adoucir ma chute

Je sais maintenant
Que ma vie ne pouvait exister
Sans toi à mes côtés


Copyright : Marion Poutrel

Par Marion - Publié dans : Chansons - Communauté : vos poèmes
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Mercredi 8 octobre 2008

Voici un exercice d'écriture que je me suis imposé à moi même, faire un poème sur la sagesse en utilisant que des rimes en "esse". J'ai mis un certain temps à trouver tous les vers mais voici le résultat final

Sagesse

Telle une vertu princesse
Aux allures de déesse,
Poursuivie, elle l'est sans cesse
Pour ses lettres de noblesse

Telle une étrange allégresse,
Marquée par l'absence d'ivresse,
Elle échappe à la détresse
Qui en ce monde nous oppresse.

D'une adroite maladresse
Elle est la seule maîtresse
D'une humanité en liesse
En grand manque de prouesse

Porteuse de belles promesses
Elle est fuie par la faiblesse
Et n'admet que la richesse.
Elle se prénomme sagesse

 
J'espère que au délà des rimes j'ai réussi à donner un sens au poème, une sorte de description de la sagesse.

Copyright Marion Poutrel

Par Marion - Publié dans : Poésie - Communauté : La poésie, votre ressenti!
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Lundi 6 octobre 2008

Allez je me lance !! Depuis maintenant près d'un an je travaille sur l'histoire d'un roman policier. Malgré tout ce temps passé il n'est pas encore trés avancer dans l'écriture, car j'ai la facheuse tendance de ne pas être satisfaite de ce que j'ai fait et donc de tout recommencer. Mais je pense maintenant être partie dans la bonne voie et ai donc décider de le publier au fur et à mesure de son écriture sur ce blog.

Pour ne pas gâcher le suspence je préfère ne pas faire de résumé, néanmoins je peux vous dire qu'il s'agit d'un roman du genre policier avec comme protagonistes des agents secrets. Le passé de l'héroine tiendra également une grande part dans l'intrigue. Eh oui c'est une héroine, je ne suis assez féministe dans l'âme ! lol

Bien, je vous présente donc sans plus attendre le premier chapitre de mon roman, qui est court mais qui je l'espère vous plongera vite dans l'ambiance.

Et surtout n'oubliez pas les commentaires !!!!

PS : j'espère avoir éliminer la grande majorité des fautes, mais l'erreur est humaine donc une ou deux peuvent subsiter et je m'en excuse.

Chapitre 1

 

Elle avait perdu la notion du temps. Combien de minutes, d'heures s'étaient écoulées depuis son réveil ? Combien de minutes, d'heures passeraient encore avant qu'on ne vienne la secourir ? 

Plongée dans l'obscurité la plus totale, elle arrivait à peine à discerner les contours de sa prison. Pas le moindre filet de lumière n'avait réussi à s'infiltrer dans la pièce. Assise sur ce qui lui semblait être un vieux matelas installé à même le sol, elle essayait tant bien que mal d'acclimater ses yeux à la nuit. Mais rien. Malgré tous ses efforts pas le moindre élément de son environnement ne parvenait à se détacher des ténèbres. Elle tenta de se remémorer ce qu'elle avait pu faire avant de s'assoupir ; souvenir qui aurait pu lui donner un indice sur l'endroit où elle se trouvait, mais une fois de plus son esprit resta immergé dans le néant. Pourtant, sa mémoire lui semblait bien présente, quelque part dans sa tête, à la seule exception qu'elle lui était pour le moment inaccessible. A cette pensée, la panique l'envahit. Son ventre se tordait d'angoisse. Son corps tremblait de peur. Elle était perdue au milieu d'un trou noir sans issue. Perdue dans un lieu inconnu dont elle ne parvenait même pas à entrevoir les limites. Perdue dans un abîme géant dans lequel elle s'enfonçait un peu plus à chaque seconde.

Elle devait se lever, agir, chercher une issue avant qu'il ne soit trop tard. Mais le manque de clarté rendait sa tâche quasiment impossible. A cet instant précis, des milliers de scénarios différents défilaient dans sa tête. Tous plus terribles les uns que les autres. Elle ne savait pas combien de temps ce lieu serait viable. Et si l'oxygène venait à manquer ? Et si la faim l'affaiblissait ? Et si la soif la tuait ? Sa respiration devint chaotique. Son cœur s'emballa. Les muscles de son visage se contractèrent de terreur. Elle ne savait plus, ne pensait plus. Son esprit était vide, paralysé par la détresse de sa situation.

Tout à coup elle ferma, les yeux. Elle inspira profondément, puis expira. Elle réitéra la même action plusieurs fois, jusqu'à sentir son rythme cardiaque ralentir. Je dois me calmer, rien ne me dit que je suis en danger. La sortie se trouve peut-être à seulement quelques mètres de moi... Il faut que je la trouve... Je dois trouver une issue, même une fenêtre fera l'affaire...mais je dois sortir.

S'appuyant sur ses deux mains, posées de chaque coté d'elle, elle se leva. Précautionneusement, les bras en avant, elle fit un premier pas. Rien ne la freinant, elle en fit un second, puis un troisième. Au cinquième, son pied heurta une surface plane et dure. Elle ne savait pas encore si elle devait en être heureuse ou non, mais déjà, elle avait trouvé une limite à ce gouffre noir. Elle y posa les mains. La paroi était froide. Un papier gondolé par l'humidité, s'aplatissait sous la pression de ses paumes. Elle fit un pas de côté. Le mur changea d'aspect, devint plus rugueux. A en juger par la texture ligneuse, il s'agissait de bois. Ses doigts glissèrent d'un bout à l'autre des planches. A chaque extrémité, ils entrèrent en contact avec de minces morceaux de métal dont la forme arrondie révélait la présence de clous, fixant les lattes contre le mur.

A quoi pourraient bien servir des planches en bois clouées contre un mur si ce n'est à bloquer une issue ? Si j'arrive à n'en soulever ne serait-ce qu'une seule, peut être aurais-je déjà au moins un aperçu de l'endroit où je me trouve.

A tâtons, la jeune femme chercha une prise, espérant ainsi augmenter ses chances de l'arracher du mur. Finalement, l'ayant trouvé, elle saisit vigoureusement la planche et la tira de toutes ses forces vers elle. L'espoir de découvrir une sortie décuplait sa puissance. Son cœur cognait de plus en plus fort contre sa poitrine.

Ses mains glissèrent. Elle perdit l'équilibre et tomba en arrière.

Sans perdre une seconde, elle se releva et réitéra son geste. Agrippant plus fermement sa proie, elle redoubla d'effort pour l'extirper du mur. En vain. Elle la lâcha de nouveau et se retrouva presque immédiatement, allongée sur le sol glacial de sa prison.

Elle soupira. Les planches étaient plus solidement fixées qu'elle ne le croyait. Et plus rugueuse aussi. Ses mains la brûlaient. Effleurant du bout des doigts sa paume, celle qui avait tenu le plus fermement la latte de bois, elle grimaça de douleur. Plusieurs égratignures allant de son poignet aux pliures de ses doigts, mettaient sa peau à vif. Si ce n'était que ça encore. Mais je dois sûrement avoir quelques échardes plantées un peu partout sur mes mains. Je hais les échardes. Et à partir d'aujourd'hui je hais également les planches en bois !

D'un mouvement brusque de son buste, la jeune femme se propulsa en position assise, puis se releva complètement. Immobile, les jambes bien ancrées dans le sol, elle fixait rageusement le panneau de bois qu'elle savait devant elle. Au fond d'elle même un combat faisait rage : l'envie d'abandonner contre la volonté de s'en sortir. 

Non ! je ne dois pas laisser tomber. Pas maintenant.

Mais tes mains te font si mal.

Mes mains survivront, si moi je survie. De toute manière si je ne sors pas d'ici elles pourront aller aussi bien qu'elles le voudront, ça servira à rien, je serais morte... de faim, de soif, que sais-je...mais je serais morte.

Quelqu'un viendra surement te chercher.Ca ne sert à rien de te fatiguer, de toute manière cette planche est trop bien fixée. Tu n'as pas assez de force.

Non ! Non ! Et non ! Je peux le faire. Je peux le faire !

Après quelques instants de réflexion sur le meilleur moyen d'aborder le problème, la jeune femme fit demi-tour et retourna vers le matelas sur lequel elle s'était réveillée. Penchée en avant, elle en attrapa fermement les bords et le tira vers elle. Nettement moins râpeux et libre de toute attache, ce dernier se laissa traîner sans difficulté. Elle le plaça dans le sens de la longueur à un pas des planches en bois. Poursuivant son œuvre, elle ôta son foulard et l'enroula autour de sa main blessée, tandis que l'autre restait sans protection.

Faisant volte-face, elle reprit alors son combat acharné. Tu peux me résister autant que tu le souhaites à présent, bout de bois ! je ne crains plus rien. Ni les échardes, ni la dureté du sol. D'un pas assuré, la jeune femme se positionna face au panneau de bois. Elle empoigna résolument l'ennemi et, après avoir pris appui d'un pied contre le mur, tira énergiquement en plusieurs brefs coups répétés. Les clous commençaient à céder. A chaque nouvelle attaque, la planche s'écartait un peu plus du mur. Redoublant d'effort, la jeune femme accéléra les secousses. Elle tentait tant bien que mal d'occulter la douleur de sa chair meurtrie. Quelques gouttes de sang perlaient au creux de sa main gauche, qu'aucun foulard ne protégeait des aspérités du bois. Elle combattait du mieux qu'elle le pouvait les larmes qui menaçaient de tomber. Elle résistait de toutes ses forces à l'envie de tout lâcher. Elle ne voulait pas céder. Pas maintenant. Pas au moment où la planche allait enfin s'extirper de son étau. La résistance des clous s'amenuisait un peu plus à chaque instant. La jeune femme passa ses deux mains derrière la planche, qui était à présent suffisamment décollée du mur, et assura sa prise. Après s'être arrêtée un instant pour reprendre son souffle, elle tira d'un seul coup violent le morceau de bois. Les clous sautèrent. Elle tomba à la renverse, la planche fermement serrée entre ses doigts.

Le choc de la chute passé, elle décontracta ses muscles et posa sa tête, restée quelques instants relevée, sur le matelas. Elle inspira profondément, et expira. Wouh ! Quelle chute ! Un sourire victorieux apparu sur son visage. J'ai réussi. J'ai réussi !. Je le savais. Je savais que je pouvais le faire !

Reprenant peu à peu ses esprits, un détail attira son attention. Il n'y avait toujours pas de lumière dans la pièce. Du moins pas autant qu'elle aurait cru. Seule une mince lueur avait infiltré les environs, laissant vaguement apparaitre les contours du vieux matelas gisant sur le sol. La jeune femme se débarrassa de la planche de bois et se leva, soudain inquiète de ce qu'elle allait découvrir. Elle s'approcha du mur, et plissa ses yeux dans l'espoir de mieux discerner la source de cette clarté. Une fenêtre. Le panneau de bois dissimulait une fenêtre. A travers le trou béant laissé par la planche déracinée, la jeune femme apercevait un carreau de verre. L'anxiété la rongeait de l'intérieur. Que ferait-elle si elle ne pouvait s'échapper par là ? Quelle autre solution s'offrait à elle ? Et si elle était déjà condamnée ? Elle chassa rapidement ces idées noires de son esprit. Elle ne devait pas y penser. Pas maintenant.

Elle avança encore un peu, jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres de la vitre. D'un rapide passage de la main, elle ôta l'épaisse couche de poussière qui s'y était accumulée, puis y colla son front. Le regard perçant, elle scruta les horizons. Allez... j'aimerais juste avoir un petit indice de l'endroit où je suis. Campagne ? Ville ? Sahara ? Antarctique ? Elle s'arrêta net. A plusieurs mètres d'elle, s'élevait une enfilade de réverbères. Tous brillaient au loin dans l'obscurité. Il fait nuit. Ca explique le manque de clarté de cette pièce. Suivant du regard les rayons de lumières, la jeune femme aperçut à seulement quelques pas d'elle, de nouveaux éclats dorés. Ils étaient en parfait alignement avec les lampadaires. Ondulant paisiblement d'avant en arrière, ils s'éloignaient progressivement d'elle. Puis de nouveaux surgissaient de l'avant. Des reflets ! Ce ne sont que des reflets sur l'eau... De l'eau ? Sentant la panique l'envahir, la jeune femme détacha son regard des lueurs marines et le dirigea droit devant elle. Son rythme cardiaque s'accéléra. Une boule se forma dans son ventre. Les yeux écarquillés, elle prit conscience de ce qui l'entourait.  Un quai ? ... Je...je suis sur un bateau ?




A suivre...


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Copyright Marion Poutrel

Par Marion - Publié dans : Mon Roman "Alexandra" - Communauté : jeune auteur et compositeur
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